48/ Le Karma des touristes

Publié le par Patrice Philipps

Vécu et raconté par les parents de Jérôme.

Arrivés de Paris, le jour même à Chennai, nous nous dirigeons directement vers notre première étape :
TIRUVANNAMALAI, ville située à 80 Kms de Chennai, à l’écart des itinéraires touristiques. Descendant de la voiture confortable, et guidés efficacement par un guide hindouiste, nous gravissons dans un état demi éveillé, la montagne sacrée. Après une demi-heure de marche sur le sentier caillouteux, sous une chaleur inhabituelle, nous rencontrons dans la première caverne, ou le premier havre de paix spirituelle, le yogi-brahmane. Nous sommes accueillis avec ferveur, pour prier Krishna, Shiva à la faveur d’une lumière vacillante et dans une atmosphère embaumée par des encens indéfinissables. Puis, reprenant l’ascension de la montagne, nous rencontrons dans la deuxième caverne, totalement surchauffée, obscurité complète embaumée par des encens entêtants, le brahmane, allongé sur le sol dans un dénuement impressionnant, nous impose, par sa ferveur indicible, une méditation obligée… heureux que nous sommes, de nous retrouver à l’air libre. 
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Redescendant la colline, nous admirons la cité des temples, Skri Ramana, enceinte fortifiée et gardée, qui mesure près d’un km de long…. A chaque angle, ainsi qu’au milieu de chaque côte et au centre, se dressent 9 édifices typiques en forme de pyramides composées d’un empilage de sculptures hindouistes réparties sur des étages savamment imbriqués. 
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Grâce à notre guide hindouiste et fervent parmi les fervents, après nous être déchaussés et couvert les bras, nous nous retrouvons noyés dans une mare de fidèles se pressant pour être bénis, oints, par le brahmane. On a droit à un régime spécial : doublant la foule bigarrée et recueillie, grâce au passe-droit du guide, nous sommes stigmatisés, marqués au front de poudre carmin, décorés de colliers de jasmin embaumant et affublés d’un cadeau béni : une carte pochette recélant une poudre symbolique de pureté. Après avoir prié dans trois ou quatre temples, j’ai même, avec conviction, mis ma main dans la flamme tout en restant incrédule...c’est ainsi que notre première journée en Inde à été consacrée. J’ai eu le sentiment d’avoir assisté à un moment de ferveur intense et onirique, peut-être parce que nous étions les seuls occidentaux dans ces lieux sacrés et sacralisés.
Après avoir insisté pour que notre guide mette fin à notre karma, nous avons savouré les nourritures terrestres : à la nuit tombante, remplis de religiosité, nous avons fait le « plein » : dans un restaurant en sous-sol, en mettant la main droite à la pâte, nous dégustons un plat de riz au curry, tous les autochtones mangeant uniquement avec la main droite.

Publié dans Inde

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