57/ La vie de Maharadjah

Publié le par Alexandre

La vie de Maharadjah Nous arrivons à Jodhpur après 12 heures de train quelque peu éprouvantes… Pour moi en tout cas. Hélène et Jérôme quant à eux se sont habitués aux trains indiens et ont bien dormi. Jodhpur est surnommée la ville bleue, du fait des nombreuses maisons peintes de cette couleur, sensée repousser la chaleur et les moustiques.

    

La ville est dominée par le fort de Mehrangarh, qui monte la garde depuis de nombreux siècles. Perché sur un massif rocheux au milieu de la ville, on ne peut s’empêcher d’être impressionné par la puissance qu’il dégage.      
Nous décidons de le visiter et de nous plonger pour quelques heures dans la vie des maharadjahs. Un audio guide dernier cri nous fournit explications, anecdotes, et même un message de bienvenue du maharadjah en personne ! Une fois les murailles franchies, le fort révèle un entrelacement de palais d’époques diverses, mais tous richement travaillés. Au fil de la visite, divers objets évoquent les fastes d’antan : des howdah en argent (sièges pour le transport à dos d’éléphant), des palaquins dorés, des berceaux de contes de fées, …. Mais les hautes murailles, portes hérissés de piques (contre les assauts d’éléphants) et canons ne laissent guère de doute quant à la vocation première de l’édifice. Et le fort a bien rempli son office puisqu’il a résisté à tous les sièges et n’a jamais été pris. Au détour d’un couloir ou d’une porte, le visiteur voit également les vestiges de pratiques qui donnent froid dans le dos : une plaque indique l’endroit où un homme s’est fait enterrer vivant pour attirer la bienveillance des dieux sur le fort ; sur un mur des dizaines d’empreintes de main témoignent du dernier passage des veuves des maharadjahs, forcées à être brûlées vives avec la dépouille de leur mari !… On murmure que cette pratique, qui n’était pas réservée aux reines, perdure de nos jours dans certains endroits reculés. Un mélange de raffinement extrême et de barbarie qui est un peu déroutant. Mais l’Inde n’est pas à un paradoxe près… Le maharajh actuel, toujours propriétaire du fort, n’y habite plus. Il occupe un autre palais, construit par son grand père à quelques kilomètres de la ville. Le palais d’Umaid Bhawan comporte 347 pièces, dont une salle de réception pour 1000 convives. D’un style « Indo-Art déco », sa construction dans les années 1930 occupa 3000 ouvriers pendant 15 ans. Dans les années 1970, le maharajah actuel a transformé une partie du palais en hotel de luxe, qui lui procure de confortables revenus. Malgré l’abolition de leur liste civile en 1971, la vie de maharajah continue donc pour une poignée de privilégiés en Inde…

 

Publié dans Inde

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