22/ Ce sont des vrais ?

Publié le par Hélène

Ce sont des vrais ¿ (Non je ne parle pas de seins, ni de fesses d´ailleurs, nous ne sommes pas encore arrivés au Brésil ¡). Je parle des crocodiles au bord de l´eau. Nous sommes dans la pampa, aux abords de l´Amazonie. Nous faisons une excursion de 3 jours et nous voilà a peine montés dans le bateau que déjà partout autour de nous des alligators immobiles bronzent la bouche ouverte (en fait ils ne bronzent pas vraiment, ils font le plein de chaleur, car ce sont des animaux à sang froid, et la bouche ouverte leur permet de réguler leur température).

D´ou ma question « ce sont des vrais ? ». En effet il y en a tellement qu´on a l´impression d´être dans un parc d´attraction et pas dans la nature...et qu´au milieu de quelques vrais le propriétaire du parc ait insidieusement inclus quelques statues pour impressionner encore plus les visiteurs... Mais non, ce sont des vrais ¡ Certains d´entre eux s´effraient un peu en nous voyant arriver et plongent dans l´eau. Je ne sais pas qui a le plus peur : eux ou nous (même si les autres vous diraient peut-être que non ils n´ont pas eu peur, je peux vous dire que personne ne met la main dans l´eau ou ne laisse même dépasser un doigt du bateau). On dirait qu´ils se dirigent sous le bateau...je les imagine déjà, comme dans les films, donner des gros coups de queue pour nous faire chavirer et nous croquer ensuite ¡ Heureusement qu´ici les bateaux sont un peu plus solides qu´au Togo ¡

Idem pour la multitude d´animaux que nous verrons pendant ces 3 jours : tous des vrais  ¡

                  

Oiseaux, singes, tortues, dauphins roses d´eau douce (qu´on ne trouve que dans quelques coins d´Amazonie, et avec lesquels Jérôme a nagé. Bien sûr ils sont dans la même rivière que les alligators et les caïmans, qu´on aperçoit à quelques mètres de nous quand on nage, mais d´après le guide la présence des dauphins les empêchent de s´approcher. Et tout le monde est très fier de dire que dans cette rivière, contrairement aux autres, il n´y a jamais eu d´accident touriste/alligators...), et piranhas (que nous avons pêchés ¡ Et effectivement ils ont de sacrées dents ¡ Il faut juste ne pas saigner quand on se baigne, sinon ils vous dévorent ¡).

Le seul animal que l´on n´ait pas vu, c´est le cobra ou l´anaconda... Qu´on a pourtant cherché, puisque dans les 3 jours d´excursion, une demi-journée est prévue pour aller chercher le serpent dans un grand champ d´herbes hautes. Voici comment ça se passe : On arrive dans le grand champ (la pampa en fait), et là le guide explique, rapide comme l´éclair et avec très peu de détails ou de recommandations : « L´anaconda est noir et jaune, le cobra marron. Espacez vous de 2 mètres chacun et cherchez. Si l´un d´entre vous en trouve un, appelez moi ». Euh d´accord mais il ne va pas m´attaquer si je le trouve ? D´autant plus que le guide lui se barre a perpette les houilles (ne m´en veuillez pas, les houillois ;-) ) à l´autre bout de la pampa...

Heureusement, peu d´entre nous sont vraiment motivés pour le trouver, le serpent, et on le cherche sans vraiment le chercher. Perso je reste collée a un espagnol et une suisse (le mec devant, les 2 filles le suivant à la trace), on fait beaucoup de bruit en marchant et on parle fort pour être bien sûrs que le serpent nous entendra arriver et s´enfuira avant que nous n´arrivions a lui. Sauf que j´ai récemment vu que l´anaconda attend justement que la proie se pointe, lui marche dessus ou le touche, pour s´enrouler et ne plus la lâcher...avant de la dévorer entière. Donc il ne s´enfuit pas ¡

Heureusement j´ai vu ce reportage après. Et heureusement encore , dans la pampa il ne reste plus de gros anacondas comme avant (ils pouvaient atteindre 9m de long), mais seulement des petits de 1 a 3 mètres, donc pas trop méchants, car les fermiers les ont tués pour qu´ils ne mangent plus leurs vaches. Vous imaginez, une vache entière, c´est un sacré repas quand même ? Apres je pense que c´est jeûne pendant 2 ou 3 semaines au moins.

Enfin bref, une multitude d´animaux. Et aussi une multitude de touristes. 

 

Ce qui n´a pas été le cas quand nous sommes partis dans la jungle... Là pour le coup, il n´y avait que nous, un autre couple, et le guide et la cuisinière pendant les 4 jours, perdus au milieu de la jungle, de ses grand arbres et de sa multitude de lianes tombantes (d´ailleurs quelle fantastique expérience que de faire de la balançoire sur les lianes : Ouo-ou-oh-ouo-ou-ooooh. Ou A-aaaa-aaaa. C´est le cri de Tarzan, pour ceux qui n´ont pas reconnu ¡).

     

Et il y a avait aussi évidemment beaucoup moins d´animaux (enfin il y en a autant mais dans la jungle c´est dur de les apercevoir).

Mais quel privilège quand après avoir marché plusieurs heures très lentement et en regardant scrupuleusement où on met les pieds pour ne pas faire de bruit, le guide s´immobilise soudainement et nous fait signe de nous approcher silencieusement (on a un peu l´impression d´être un commando), et on aperçoit une famille de singes à la cime des arbres sautant de l´un a l´autre ¡ idem quand on aperçoit un magnifique couple de perroquets multicolores... Au final notre « tableau de chasse »  dans la jungle est très faible en comparaison des milliers d´alligators de la pampa, mais quel bonheur ¡

Et la végétation à elle seule est déjà très...impresionnante ¡

Et puis on y aura aussi eu quelques petites frayeurs : quand en rentrant d´une ballade nocturne dans la jungle, on entend soudainement un bruit semblable a la chevauchée des walkyries à 2 mètres sur notre droite. On se fige tous et pendant une seconde on se dit « pourvu qu´ils ne chargent pas sur nous ¡ ». Ce sont en fait des tapirs en route pour aller boire dont nous avons coupé la route. Heureusement ils ne sont pas méchants et plutôt peureux et ils ne se sont pas rués vers nous, mais dans l´autre sens... Et aussi quand a cause de ma petite vessie, je suis obligée d´aller aux toilettes au milieu de la nuit, alors que tout le monde dort, et que justement pendant le dîner le guide nous a parlé des jaguars qui rodaient, et dont certains s´étaient déjà approchés du camp pendant la nuit et avaient fait le tour de la tente d´un touriste en reniflant avec intérêt... La jungle n´est jamais silencieuse, et ces quelques bruits plus mon imagination très fertile me font un peu paniquer quand je me retrouve toute seule, a 20m du camp, au dessus du trou dans le sol qui constitue les toilettes. Ce n´est pas comme si une petite cabane avait été construite à cet effet. Protégée dans ma cabane, j´aurais au moins pu faire ma petite affaire et me rhabiller ensuite tranquillement avant de ressortir. Là, je suis fesses a l´air, accroupie au milieu des plantes. Des milliers de choses pourraient être cachées là dedans, juste a côté de moi, et je ne suis pas dans la position la plus adéquate pour me défendre ¡ Si bien que je tente de battre 2 records de vitesse : celui du pipi le plus rapide du monde, et mon propre record de course à pied (je ne suis pas suffisamment sportive pour prétendre battre un autre record de vitesse que le mien) pour rentrer jusqu´à ma tente ¡ Ouf rien ne m´est arrivé ¡

Comme dans la pampa, on trouve aussi des dévoreurs dans la jungle: pas des piranhas mais des fourmis légionnaires. Le seul insecte du monde capable de dévorer un homme...Elle ne sont pas énormes, et seules ne représentent pas un gros danger. Mais elles sont armées d´une grosse pince capable d´arracher des petits bouts de chairs, et si vous tombez sur une colonie sans vous méfier, elles vous grimpent dessus et vous plantent leurs crocs dans la chair.

On a croise le chemin d´une ou deux colonies : le mot d´ordre du guide a ce moment là : courrez ¡

Courrez jusqu´à ce que vous ayez dépassé la colonie et ensuite secouez bien vos chaussures et vêtements. Non pas que la colonie entière risque de nous attaquer et de nous dévorer, je ne pense pas, mais c´est que même la morsure d´une ou deux peut être douloureuse. N´est ce pas Jeronimo, qui a eu la bonne idée d´approcher son doigt des pinces de celle que le guide avait ramassée pour nous montrer, pour voir comment elle réagissait. Plus près...puis encore plus près...jusqu´a ce que...Aiie ¡¡¡ Elle plante ses pinces dans sa chair. Enfin on ne peut pas lui en vouloir, on peut vraiment dire que Jeronimo s´est jeté dans la gueule du loup, enfin, de la fourmi ¡ Bien évidemment elle a fini etêtée car sur le coup de la douleur, celui-ci n´a pas pu résisté, a secoué sa main dans tous les sens et a fini par lui tirer dessus pour l´arracher... réflexe logique, sauf que c´est un peu comme les tics, si vous tirez dessus le corps s´arrache, mais la tête et les crocs restent plantés ¡ Et ça reste accrocher bien fermement. Argghhh ¡¡¡

 

Après ces aventures pampesques et junglesques, nous sommes descendus dans le sud du pays, à Tarija, et nous avons là aussi découvert une espèce assez rare en Bolivie : le bolivien souriant, avenant et sympathique. La ville se surnomme d´ailleurs elle-même « la capitale du sourire ». Et c´est à croire qu´il y a un micro climat (ou alors c´est dû au vin, cultivé, et bu, dams la région)  parce qu´à quelques Km de Tarija, les gens sont encore sympas, mais dès qu´on s´en éloigne, le bolivien redevient fermé, peu souriant, pas du tout engageant, et très peu disposé a coopérer et être aimable avec les touristes. Et ce même, et c´est là que c´est vraiment incroyable, quand son métier repose sur le contact avec les touristes?. 

Enfin s´il y a une chose que beaucoup de boliviens, sympas ou pas sympas, ont en commun, c´est la force de la religion. C´est assez incroyable de voir à quel point ils sont a fond. Vous me pardonnerez cette touche d´humour noir, mais les espagnols ont bien fait leur boulot ¡ A chaque fois qu´on passe devant un cimetière ou une tombe sur le bord de la route, les gens se signent. Il y a des villes ou presque à chaque pâté de maison il y a une petite vitrine avec une vierge ou un saint bien kitch. Et plein de processions. Nous avons assisté à Tarija à la procession de San Roque. Une fois par an on sort le Saint de l´église, on le ballade dans la ville, et plein de pénitents se « déguisent » pour l´accompagner, puis on le ramène a l´église. Impressionnant ¡ Mais il semble que cela soit assez commun. Lorenzo, qui nous a gentiment fait visiter la ville et découvrir la finca familiale dans les environs, nous a également montré, bien rangée dans une des pièces de la finca, la sainte locale, qu´une fois par an les villageois viennent chercher puis ramènent ensuite après l´avoir balladée quelques heures?  

 

Quant aux touristes, ils viennent d´horizons très divers mais semblent également avoir tous quelque chose en commun : une espèce de tradition rituelle consistant a se dénuder et à se photographier en tenue d´Adam, ou d´Eve, dans le Salar de Uyuni.

         

     

Il est vrai que cette ancienne mer, aujourd´hui transformée en une étendue désertique recouverte de 10 m de sel, inspire au dénuement. Perso moi j´ai eu l´impression être comme dans un film, quand quelqu´un meure et arrive dans un endroit tout blanc, tout serein?mais sans les anges ¡ 

Enfin toujours est-il que sans jouer le jeu jusqu´au bout Jérôme a voulu suivre un peu la tradition et a pose torse nu?

Et moi aussi ¡ 

On était assez fiers de nous (parce que quand même il fait froid), mais les petits frenchies qui étaient avec nous se mettent alors carrément tout nus?

                

Du coup on passe pour des petits joueurs, et Jérôme décide de tomber le bas ¡ 

Et moi ? 

Je me suis arrêtée là...

 

 

NB : Vous comprendrez bien que même si tous les évènements cités dans cet article sont réels, ils ne reflètent qu´une partie de notre voyage. Je me rends compte en le relisant que notre excursion dans la pampa a l´air d´une vraie aventure. C´est parce que j´ai omis de vous dire qu´après une heure ou deux on s´habitue très bien a la présence des crocodiles et que ce n´est plus très effrayant. Ni qu´entre chaque activité (pêche aux piranhas, chasse au serpent, nage avec les dauphins), on siestait dans de supers hamacs avec vue sur la rivière et les animaux?C´était plutôt tranquille en fait. 

De même tous les boliviens ne sont pas fermés, peu avenants et pas souriants?on en a quand même rencontré des sympas ¡

Publié dans Amérique du Sud

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Mady 04/11/2007 10:36

Encore moi à si peu d'intervalle. Papy a été incroyablement impressionné de recevoir un appel en voiture depuis Miami. Il est vrai qu'à 89 ans, entre le pas de téléphone du tout et ces conversations du bout de la planète, il y a tout un monde (pas mal l'allusion...). Bises. Mady

mady 30/10/2007 19:06

Il y a malheureusement bien longtemps que je n'ai pas pu suivre vos aventures. Ce soir, je suis avec vous (pas toute nue) sur cette immensité blanche. Vous vivez une aventure fabuleuse. Soyez prudents, mais partager avec vous ce long voyage est incroyable. Merci en tout cas de prende le temps des photos et des écrits. Mady

GÌnther-Destailleur 26/10/2007 22:15

Ma chère jolie Hélène,
depuis votre départ je suis ton voyage avec Jérôme et votre blog est admirable. Quelles expériences extraordinaires vous faîtes et vous arrivez à nous communiquer votre enthousiasme. Nous pensons souvent à vous et continuez à être prudents. Merci de nous faire partager vos joies et déboires. Gros baisers. Tété 

olive et pierrot 10/10/2007 00:14

Une petite lecture de votre blog avant de nous coucher ! Nous allons faire de beaux  rêves cette nuit !!! Enfin si on ne rêve pas d'anaconda et de croco dans la pampa  ou alors d'étrangler Pierrot en le prenant pour un serpent...
Merci pour les news ! on attend les prochaines avec impatience ! Y a t-il aussi une coutume sur l'île de paques de prendre des photos de nus ?
Bisous
 

ibrahima 30/09/2007 17:14

salut cest ibrahima je suis un artiste de africa melodie
merci abiento