29/ Une anecdote qu’on vous a pas racontee…pourtant elle est mémorable : la peche miraculeuse

Publié le par Hélène

Île de Pacques. Nous campons au milieu de l’île dans le jardin de Francis, un français exilé ici depuis maintenant 15 ans, et Pilou, sa femme rapa nui. Le soir nous mangeons avec eux de délicieux petits plats préparés par Pilou à base des ingrédients disponibles dans le jardin et la nature alentour. 

Plusieurs jours par mois, ils vont sur les plages de l’île ramasser les déchets pour maintenir la côte propre. 

Ce jour-là, quand nous rentrons de notre balade, ils nous accueillent extrêmement enthousiastes en nous disant qu’il leur est arrivé une chance incroyable : alors qu’ils ramassaient les bouées échouées et autres déchets. Ils sont tombés sur une grosse, que dis-je une énorme, surprise : une vache morte flottant dans l’eau. La pauvre devait se balader sur le bord de la falaise pendant la nuit, n’a pas vu le précipice, et s’est écrasée sur les rochers. 

Quelle est la chance dans cette découverte me direz-vous ? C’est qu’au moment même où Francis et Pilou découvrent cette vache, un autre type est également là, qui miraculeusement est armé d’un couteau. 

Le type, malgré les vagues qui s’écrasent fortement contre les rochers et le courant, s’aventure dans l’eau pour ramener la vache. 

Puis, tous les 3, ils la dépècent et se partagent les morceaux… 

Ce soir en arrivant à la maison nous avons donc la bonne surprise de découvrir… un ragoût d’un bout de jambe de la vache… 

Pendant que le reste de la viande, d’abord mariné dans les épices afin que l’odeur qu’elle exhale en séchant repousse les mouches, sèche sur un fil dans le jardin, avec une horde de mouches sur chaque morceau…(L’efficacité des épices reste à démontrer…) 

Devant leur enthousiasme devant cette opportunité que nous donne la nature, il est difficile de refuser de manger de la viande. Nous voilà donc tous 2 avec un bout de viande dans notre assiette. Bon je me dis qu’après tout c’est du bœuf, ça ne peut pas être trop mauvais. 

Une première bouchée, et dès les premières mastications, le jus de la viande se diffuse dans la bouche et toutes ses saveurs se libèrent…c’est dégueulasse !

Je ne sais pas comment je fais mais je surpasse mon dégoût et arrive à l’avaler. Par contre pas moyen de me faire avaler une bouchée de plus, sinon je vomis : le goût est, comment dire…extrêmement faisandé. Au secours ! 

C’est qu’effectivement cette vache s’est certainement écrasée pendant la nuit, mais je ne suis personnellement pas très sûre que ce soit cette nuit et pas il y a 3 ou 4 nuits, et qu’elle ait mariné depuis dans l’eau de mer… 

Je profite donc d’un moment d’inattention de Pilou pour balancer le reste de mon bout de viande dans l’assiette de Jéronimo, qui lui a l’air de manger sa viande avec appétit (il a déjà fini son bout). 

Bon j’ai un soupçon de culpabilité en me disant qu’il va peut-être être malade en mangeant ça, mais je l’oublie rapidement. Autant que l’un de nous soit en bonne santé pour amener l’autre à l’hôpital ! (Ça c’est une bonne raison pour me déculpabiliser…mais que je viens de trouver là maintenant, et qui ne m’a pas du tout effleuré sur le moment, je dois bien l’avouer).

Mais oh malheur ! il me reste encore une bouchée de viande dans mon assiette. Je me concentre donc sur le riz et toutes les autres choses qu’il y a dans mon assiette, jusqu’à qu’il ne reste plus que ce bout de viande dans mon assiette. 

Pilou et Francis vivent frugalement, il n’est pas question de gâcher, ce ne serait pas respectueux. 

Je balancerais bien encore le bout restant dans l’assiette de Jéronimo mais Pilou est assise en face de nous et nous regarde tranquillement manger…Je prétends donc n’avoir plus faim et propose à Jéronimo de prendre mon bout de viande.  1 fois, 2 fois, 3 fois je lui propose, jusqu’à presque le supplier, mais il refuse obstinément… 

Finalement à cours de solution, je me dirige vers les plantes pour faire mine d’y jeter mes déchets végétaux qui leur servent d’engrais et en profite pour rapidement jeter l’objet de mes cauchemars dans la gueule du chien qui s’en régale ! 

Plus tard en rentrant à la tente, je me permets quand même de dire à Jéronimo que je n’aimais vraiment pas cette viande et que ce n’était vraiment pas très cool de sa part de ne pas vouloir prendre mon dernier bout… 

Jusqu’à ce que je me fasse envoyer bouler par un Jéronimo plutôt énervé, il a trouvé la viande aussi mauvaise que moi ! 

Jérôme : « Tu parles, 10 terribles bouchées de viande avariée que j’ai du engloutir malgré mes aspirations végétariennes, et on m’en refile encore de force ! » 

Mais, le pauvre, il n’a pas eu le temps de réagir (YES !) quand je lui ai balancé mon bout dans l’assiette et a donc été contraint de le manger, malgré son dégoût ! 

Je pourrais dire Mea culpa et pardon, mais je ne suis pas sûre de vraiment le regretter ;-) 

Rassurez-vous il n’a pas été malade…… 

Publié dans Amérique du Sud

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mady 30/12/2007 14:27

Du bout du monde, c'est à dire de Treffort, je souhaite à Jéronimo un très très exotique anniversaire. Nous lèverons nos verres pour son happy birthday. Une année fructueuse en péripéties de tous genres. Bonne et heureuse année à tous les deux. Mady