REVES DE VOYAGES

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"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un
beignet, mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage" (Marek Halter)
 

Femmes en saris aux couleurs et aux motifs chatoyants, dieux innombrables mais toujours kitch, rondes d’épices, d’odeurs, de saveurs, de couleurs, villes a l’air pollue et aux bruits de klaxons incessants, l’Inde ne cesse de stimuler nos sens et notre esprit…parfois jusqu'à saturation.

On dit souvent de l’Inde qu’elle ne laisse personne indifférent : soit on l’adore, soit on la déteste. C’est vrai : de tous les pays que nous avons visite lors de notre voyage, l’Inde est définitivement le pays le plus choquant. Et certainement pour moi le pays le plus difficile. Bien plus que l’Afrique.
Le slogan de l’office de tourisme indien « Incredible India » ou « Inde Incroyable » ne pourrait pas être plus juste. Ce pays, ou sous-continent, est tout simplement IN-CROY-ABLE.
Et après bientôt 2 mois sur place, je n’ai pas encore décide si je l’adore ou le déteste…
 
Mercredi 12 décembre 2007

Île de Pacques. Nous campons au milieu de l’île dans le jardin de Francis, un français exilé ici depuis maintenant 15 ans, et Pilou, sa femme rapa nui. Le soir nous mangeons avec eux de délicieux petits plats préparés par Pilou à base des ingrédients disponibles dans le jardin et la nature alentour. 

Plusieurs jours par mois, ils vont sur les plages de l’île ramasser les déchets pour maintenir la côte propre. 

Ce jour-là, quand nous rentrons de notre balade, ils nous accueillent extrêmement enthousiastes en nous disant qu’il leur est arrivé une chance incroyable : alors qu’ils ramassaient les bouées échouées et autres déchets. Ils sont tombés sur une grosse, que dis-je une énorme, surprise : une vache morte flottant dans l’eau. La pauvre devait se balader sur le bord de la falaise pendant la nuit, n’a pas vu le précipice, et s’est écrasée sur les rochers. 

Quelle est la chance dans cette découverte me direz-vous ? C’est qu’au moment même où Francis et Pilou découvrent cette vache, un autre type est également là, qui miraculeusement est armé d’un couteau. 

Le type, malgré les vagues qui s’écrasent fortement contre les rochers et le courant, s’aventure dans l’eau pour ramener la vache. 

Puis, tous les 3, ils la dépècent et se partagent les morceaux… 

Ce soir en arrivant à la maison nous avons donc la bonne surprise de découvrir… un ragoût d’un bout de jambe de la vache… 

Pendant que le reste de la viande, d’abord mariné dans les épices afin que l’odeur qu’elle exhale en séchant repousse les mouches, sèche sur un fil dans le jardin, avec une horde de mouches sur chaque morceau…(L’efficacité des épices reste à démontrer…) 

Devant leur enthousiasme devant cette opportunité que nous donne la nature, il est difficile de refuser de manger de la viande. Nous voilà donc tous 2 avec un bout de viande dans notre assiette. Bon je me dis qu’après tout c’est du bœuf, ça ne peut pas être trop mauvais. 

Une première bouchée, et dès les premières mastications, le jus de la viande se diffuse dans la bouche et toutes ses saveurs se libèrent…c’est dégueulasse !

Je ne sais pas comment je fais mais je surpasse mon dégoût et arrive à l’avaler. Par contre pas moyen de me faire avaler une bouchée de plus, sinon je vomis : le goût est, comment dire…extrêmement faisandé. Au secours ! 

C’est qu’effectivement cette vache s’est certainement écrasée pendant la nuit, mais je ne suis personnellement pas très sûre que ce soit cette nuit et pas il y a 3 ou 4 nuits, et qu’elle ait mariné depuis dans l’eau de mer… 

Je profite donc d’un moment d’inattention de Pilou pour balancer le reste de mon bout de viande dans l’assiette de Jéronimo, qui lui a l’air de manger sa viande avec appétit (il a déjà fini son bout). 

Bon j’ai un soupçon de culpabilité en me disant qu’il va peut-être être malade en mangeant ça, mais je l’oublie rapidement. Autant que l’un de nous soit en bonne santé pour amener l’autre à l’hôpital ! (Ça c’est une bonne raison pour me déculpabiliser…mais que je viens de trouver là maintenant, et qui ne m’a pas du tout effleuré sur le moment, je dois bien l’avouer).

Mais oh malheur ! il me reste encore une bouchée de viande dans mon assiette. Je me concentre donc sur le riz et toutes les autres choses qu’il y a dans mon assiette, jusqu’à qu’il ne reste plus que ce bout de viande dans mon assiette. 

Pilou et Francis vivent frugalement, il n’est pas question de gâcher, ce ne serait pas respectueux. 

Je balancerais bien encore le bout restant dans l’assiette de Jéronimo mais Pilou est assise en face de nous et nous regarde tranquillement manger…Je prétends donc n’avoir plus faim et propose à Jéronimo de prendre mon bout de viande.  1 fois, 2 fois, 3 fois je lui propose, jusqu’à presque le supplier, mais il refuse obstinément… 

Finalement à cours de solution, je me dirige vers les plantes pour faire mine d’y jeter mes déchets végétaux qui leur servent d’engrais et en profite pour rapidement jeter l’objet de mes cauchemars dans la gueule du chien qui s’en régale ! 

Plus tard en rentrant à la tente, je me permets quand même de dire à Jéronimo que je n’aimais vraiment pas cette viande et que ce n’était vraiment pas très cool de sa part de ne pas vouloir prendre mon dernier bout… 

Jusqu’à ce que je me fasse envoyer bouler par un Jéronimo plutôt énervé, il a trouvé la viande aussi mauvaise que moi ! 

Jérôme : « Tu parles, 10 terribles bouchées de viande avariée que j’ai du engloutir malgré mes aspirations végétariennes, et on m’en refile encore de force ! » 

Mais, le pauvre, il n’a pas eu le temps de réagir (YES !) quand je lui ai balancé mon bout dans l’assiette et a donc été contraint de le manger, malgré son dégoût ! 

Je pourrais dire Mea culpa et pardon, mais je ne suis pas sûre de vraiment le regretter ;-) 

Rassurez-vous il n’a pas été malade…… 

Jeudi 15 novembre 2007

Arrivée a Rio : grosse pression sur mes épaules (ou sur mes cuisses ?). La brésilienne est quand même réputée comme étant canon : longs cheveux noirs brillants, corps magnifiquement fait (ou refait) ? fesses hautes et rebondies, jolie poitrine opulente, ventre plat ? le tout ?emballe? dans un mini bikini très échancré, ?ça va être dur dur de se sentir a l´aise sur la plage. 

En tous cas c´est ce que je croyais?Jusqu´a ce que j´arrive sur la plage d´Ipanema, le quartier le plus chic de Rio, ou j´ai élu résidence. Et pas n´importe où sur la plage d´Ipanema : au poste de secours numéro 9, censé être The place où se retrouvent les plus beaux et les plus belles Cariocas   (c´est comme ça qu´on appelle les gens de Rio : c´aurait aussi pu être Rionais, oh oh, mais non ¡). Et oui moi aussi je vais au poste 9 !

           

                          

Car je vous le dis moi, la brésilienne est un mythe ¡ 

Non pas qu´il n´y en ait pas des canons. Il y en a qui affichent effectivement tous les attributs cités plus hauts, plus de magnifiques yeux bleus pour certaines (issus de leur ascendance portugaise je pense), d´autant plus remarquables sur leur peau mate.

Mais il y en a aussi des grosses, des qui on de la cellulite etc.? Oui oui oui ¡ Comme chez nous ¡ 

Et dixit des mecs allemands rencontrés la bas, « Bien qu´il y en ait de très belles, la moyenne est identique à celle de France ou d´Allemagne ».  Histoire de vous démontrer que ce n´est pas juste de la jalousie de nana qui parle?mais bien une certaine objectivité ! 

Par contre il y a quand même effectivement un aspect du mythe qui se révèle vrai : le mini bikini. 

Et ça, jeune ou moins jeune, petite paire de fesses bien galbées ou bien enrobées ? voire obèse (j´en ai vue?par contre je me dois de souligner quand même que même obèse la brésilienne a la fesse haute !)-, cellulite ou pas, et même boutons sur les fesses ou pas (si si j´en ai vus aussi?c´est qu´on est tellement quichés sur la plage à Rio qu´on partage tout avec nos voisins de serviette, ou plutôt de paréo puisque là-bas c´est le paréo qui règne !). 

Du coup finalement ce n´est pas en faisant le tri entre les bien foutues et les autres (comme je le croyais au début) qu´on repère les brésiliennes des étrangères, c´est en regardant la taille de leur bikini : si on voit 2/3, voire ¾, voire toute la fesse, elle est brésilienne, c´est sûr ! 

Ce qui peut d´ailleurs constituer un problème pour la touriste étrangère : Impossible de s´acheter un maillot de bain qui ne soit pas un mini bikini ! 

 

Mais en quoi ça consiste précisément ce mini bikini ? 

C´est un bas de maillot de bain qui va du tanga au string, et un soutien gorge triangle. Mais le triangle, au lieu être presque équilatéral comme chez nous, est plutôt un isocèle (eh oui je vous fais réviser un peu votre géométrie, ça ne fait pas de mal !) ayant le côté du bas très étroit : c´est à dire juste suffisamment large pour cacher le téton. 

Vous imaginez bien ? Ou vous avez besoin d´un dessin ? Ou d´une photo ? Allez messieurs, profitez en, Jérôme s´est dévoué pour vous aider à mieux visualiser cette curiosité culturelle ! Qu´est ce qu´il est sympa quand même !

 

                    

Mais attention, même si la surface cachée ne s´élève finalement qu´à quelques tout petits centimètres carrés, hors de question de tomber le haut. C´est inenvisageable au Brésil ! 

Tomber les bretelles histoire de ne pas avoir de marques quand on met un joli petit haut reste une prérogative de la touriste. 

Je me pose juste une question : pourquoi avoir des traces de bretelles mais ne pas en avoir sur les fesses ? 

C´est certainement une subtilité de la culture brésilienne que je n´ai pas percée à jour. 

 

Tout comme ce paradoxe qui fait que coexistent 2 attitudes a priori pour moi en tous cas contradictoires. 

D´une part cette liberté par rapport aux canons physiques et ce côté j´assume et j´aime mon corps et je le montre quel qu´il soit. Génial et décomplexant ! 

Et d´un autre côté cette profusion de salles de fitness ou l´on aperçoit les gens en train de courir sur leur tapis roulant en regardant la télé (et là Jérôme dit : non mais vraiment pourquoi ne vont-ils pas courir sur la plage ?) pour sculpter parfaitement leur corps, et la chirurgie esthétique. En effet, même si chaque brésilienne n´a pas sa paire de faux seins et ses fesses en silicone, on aperçoit quand même pas mal de filles, dont certaines très jeunes, ayant des faux seins. 

D´ailleurs j´avoue que j´ai découvert une nouvelle loi de la gravité : je savais déjà que debout les faux seins restaient hauts et bombés. Mais avez-vous déjà vu des faux seins (et leur propriétaire) allongés sur la plage ? 

Alors que les vrais s´aplatissent et s´affaissent sur le côté extérieur (oui je sais c´est pas très glamour, mais c´est vrai?en tous cas pour les miens !), les faux eux restent bien centrés et parfaits comme un joli volcan couronné d´un mamelon : ah la gravité ! 

 

Enfin voilà pour la brésilienne : je lui ai réglé son compte ! 

Et 1 mythe de tombé, 1 ! (non non je vous assure il n´y a aucun acharnement de ma part ,-) ) 

Et je me sens déjà pas mal décomplexée?  

 

Jusqu´à ce que j´entende en rentrant à l´hôtel que 6 norvégiennes arrivent bientôt. Suédoises, norvégiennes, même combat, voilà l´autre mythe de la beauté féminine : la grande blonde élancée au visage parfait et aux yeux clairs? 

Vous imaginez la réaction des mecs de l´hôtel ? Ils ont un sourire béat sur le visage rien qu´en les imaginant?. 

Et moi je me dis ou la la la ça ne va pas être très bon pour mon ego, ça? 

Jusqu´à ce que je les vois.

La première que j´aperçois est canon? ouille ! Grande, blonde, cheveux longs et raides, yeux bleus, corps parfait du à ses nombreuses années de volley, qu´elle met d´ailleurs en avant avec un mini short de volley et une brassière, découvrant un ventre plat et parfaitement dessiné? (mais bon quand même elle a les dents un peu niquées?je suis mauvaise ! elles ne sont juste pas parfaitement alignées?c´est qu´il faut bien lui trouver un petit défaut quand même !) 

Mais quel soulagement quand je me retrouve autour de la table avec les 5 autres : je zyeute, j´évalue, je juge?allez 1 très jolie, 1 pas mal, et le reste va de normal a très très enrobée. Ah je me sens mieux, tout de suite ! 

Confirmation quelques jours plus tard quand une seconde fournée de norvégiennes arrive rejoindre les autres. 

Au total sur une 12aine: 2 vraiment jolies !  

 

Et de 2 mythes qui s´effondrent ! 

Et de 1 ego (le mien) qui remonte ! 

Qu´est ce qu´on se sent bien, finalement?c´est qu´on est plutôt contente de soi, après ça? 

Bien sûr je plaisante (un peu) et j´en rajoute (beaucoup). 

 

Mais quel était le fil rouge de cet article déjà ? Juste de vous dire, mesdemoiselles et mesdames, que nous n´avons aucun complexe a avoir. 

Soyons bien dans nos corps et montrons les ! 

Il y a du charme dans les rondeurs, les courbes et les imperfections... 

 

Et les mecs dans tout ça ? 

Quelques spécimens remarquables, mais pas pour autant attirants, par leur corps body buildes. Il faut dire qu´en plus des salles de fitness on trouve sur la plage plein d´appareils de muscu. Du coup on croise plein de mecs allant ou revenant de la plage torse nu juste histoire d´exhiber leur pecs complètement dystrophiés!

 

 

 

A part ça et le fait qu´ils jouent au volley avec la tête et les pieds (pays du football oblige),  rien de spécial ? 

Je dois dire que pour l´instant il n´y a qu´un seul endroit ou j´ai trouve une concentration de beaux mecs supérieure a la moyenne : c´est sur l´île de Pâques. Ce qui rend l´apéro au bord de la plage à regarder les surfers au coucher du soleil d´autant plus intéressant (tu croyais vraiment que c´est la qualité de leur surf que j´appréciais, chouchou ?) 

Peut être parce que les standards de beauté auxquels je suis habituée en France sont élevés ?

  

 

 

Samedi 10 novembre 2007

Perdue au milieu de l´océan pacifique, à 4000km de Santiago du Chili, à 3700km de Papeete, on  trouve une petite île d´une superficie de 170km2. Nous la connaissons sous le nom de l´île de Pacques (tout simplement parce qu´elle a été découverte le jour de Pâques). 

Ses habitants eux, l´appellent Rapa Nui (prononcer rapa nouille ; je sais c´est bête mais je ne peux pas m´empêcher de trouver ça drôle), le nombril du monde. 

Géographiquement, elle fait partie de la Polynésie. 

Légalement elle est chilienne. Les Rapa Nui, je ne sais pas si c´est la majorité mais en tous cas ceux que nous avons rencontrés, réclament l´indépendance et parlent du Chili comme d´un envahisseur. 

Mais le contrôleur de l´aéroport de Santiago, quand je lui dis que je reviens de Rapa Nui, s´empresse de me corriger : on dit île de Pâques et non pas Rapa Nui ! 

Tout est question de vocabulaire… 

Un peu comme en Argentine où dès qu´on entre ou sort du pays on aperçoit aux postes frontières des panneaux officiels affichant : les îles Malouines sont argentines ! 

Quelque soit le nom qu´on lui donne, cette île, bien que moins mystérieuse que ce que je pensais, est un havre de paix pour le voyageur...

Paysages verdoyants dans lesquels se baladent vaches et chevaux en liberté, volcans éteints aux cratères transformés en lacs, cotes rocheuses battues par les vagues bouillonnantes, et mer à perte de vue…le tout parsemé de moais (ces fameuses statues qui font la légende de l´île) à l´air digne et serein.

  

 

 

 

         

Il faut dire que les 3900 habitants sont presque tous concentrés dans la seule ville de l´île, et que les touristes (majoritairement des japonais qui vont en vacances en Polynésie et en profitent pour faire une petite excursion a l´île de Pâques) ne font que des excursions organisées et ne sortent pas des sentiers battus. Jérôme et moi sommes donc presque seuls dans la campagne.

             

 

 

Alors nombril du monde ou bout du monde, je ne sais pas, mais on s´y sent seul au monde…

 

Un petit aperçu..

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