REVES DE VOYAGES

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"Certes, un rêve de beignet, c'est un rêve, pas un
beignet, mais un rêve de voyage, c'est déjà un voyage" (Marek Halter)
 

Femmes en saris aux couleurs et aux motifs chatoyants, dieux innombrables mais toujours kitch, rondes d’épices, d’odeurs, de saveurs, de couleurs, villes a l’air pollue et aux bruits de klaxons incessants, l’Inde ne cesse de stimuler nos sens et notre esprit…parfois jusqu'à saturation.

On dit souvent de l’Inde qu’elle ne laisse personne indifférent : soit on l’adore, soit on la déteste. C’est vrai : de tous les pays que nous avons visite lors de notre voyage, l’Inde est définitivement le pays le plus choquant. Et certainement pour moi le pays le plus difficile. Bien plus que l’Afrique.
Le slogan de l’office de tourisme indien « Incredible India » ou « Inde Incroyable » ne pourrait pas être plus juste. Ce pays, ou sous-continent, est tout simplement IN-CROY-ABLE.
Et après bientôt 2 mois sur place, je n’ai pas encore décide si je l’adore ou le déteste…
 
Lundi 21 janvier 2008

On a encense le Nicaragua mais dans un souci d'equite je voudrais vous dire : le Guatemala aussi c'est sympa ! 

C'est plein : 

-         de beaux edifices coloniaux datant de l'epoque espagnole, notamment des cathedrales en ruines, magnifique !

-         de beaux paysages

-         de gens aux costumes traditionnels et a l'artisanat superbes

 

 

 

 

 

Lundi 31 décembre 2007

La mer des caraïbes est réputée pour sa beauté, ses eaux chaudes et cristallines, mais aussi pour les bonnes grosses langoustes qu’elle héberge, et qui ne coûtent pas cher. 

C’était donc un de nos objectifs en arrivant sur la côte caribéenne de se gaver de langoustes et de se régaler … 

1er essai un soir a la Laguna de Perlas, sur la côte du Nicaragua. On s’est trouvé un petit hôtel pas cher, on peut bien faire péter la langouste ce soir. Nous arrivons donc dans le resto du bled réputé pour ses langoustes, et pour s’installer à notre table, on traverse la cuisine. On arrive juste au moment où les cuisinières finissent de préparer des langoustes grillées pour une autre table. C’est extrêmement appétissant, les langoustes sortent du barbecue, elles sont grillées juste comme il faut. Miam, on s’empresse d’en commander 2 ! 

On attend avec impatience et on se lèche déjà les babines. Ca y est, elles arrivent ! Elles sont parfaitement grillées…elles seraient délicieuses si seulement la cuisinière n’avait pas commis le plus grand sacrilège culinaire du monde ! Nos langoustes ont été entièrement et généreusement recouvertes de sauce….elles dégoulinent. Si encore c’était une sauce au poivre, ou aux champignons, ou je sais quoi…mais non. Je n’aurais jamais imaginé que ce soit possible si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux, c’est de la sauce Barbecue Kraft !

Un des mets les plus fins assaisonné avec de la sauce la plus junk food, la plus horrible, du monde, quelle horreur !!! Ah la la que la cuisine française est bonne et raffinée, et que certaines autres sont complètement dans les choux ! 

2ème tentative 2 jours plus tard. On est sur notre route de retour pour quitter la côte du Nicaragua, et durant une pause entre nos transports je trouve sur la carte du resto où on se trouve de la langouste grillée. Pleine d’espoirs, je me lance…La langouste arrivera carbonisée, et pour une bonne raison, elle n’est pas fraîche ! Le goût du pas frais est bien caché par le carbonisé mais quand même j’ai quelques doutes …qui se confirmeront lors de mon prochain passage aux toilettes ! 

Jamais découragés et parce que jamais 2 sans 3 on se lance une 3ème fois, cette fois sur l’île de Roatan au Honduras . Mais cette fois on met toutes les chances de notre côté : on a une cuisine dans notre bungalow, et on profite d’une virée dans le plus grand bled de l’île pour aller au supermarché s’acheter un produit indispensable à la réussite de notre plat : le beurre ! 

Ah quel bonheur, des langoustes justes coupées en 2 et rissolées au beurre avec un tout petit peu de sel et de poivre…vraiment, on n’est jamais mieux servi que par soi-même …et par le beurre ! 

Lundi 24 décembre 2007

Qu’avons-nous appris durant notre voyage en Afrique et en Amérique latine ? Nous avons appris à attendre …et à apprécier cette attente.

Eh oui c’est tout bête mais c’est quelque chose qu’on ne sait plus faire en France…il faut qu’on ait tout, tout de suite, qu’on attende pas le métro plus que ces 7 minutes d’intervalle réglementaires (et encore quand on attend 7 minutes c’est grave relou), qu’on passe un coup de fil dès que quelqu’un a 5 minutes de retard à un rdz vs…Pourquoi ? Mais simplement parce qu’on a pas le temps (« J’ai pas le temps, mon esprit est ailleurs ! »). On court du bureau à la maison, puis chez les potes, ou au yoga, ou je ne sais quoi. Tout ça avec une seule idée en tête : rentabiliser au maximum son temps libre…parce qu’on en a tellement peu (et encore, merci les 35 heures !).

Le voyage longue durée permet et apprend ça : à attendre. Pas de rendez-vous, d’objectifs précis, tout est évolutif et on s’adapte au gré des envies, du vent etc. 

Attendre assis par terre sur le quai d’une gare un train pendant 8 heures au Mali, puis une fois installé encore attendre une heure que le train démarre, alors qu’il fait 40° et qu’on ruisselle de transpiration sans même bouger un pouce… 

Attendre 3,4 ou 5 heures en plein soleil, alors qu’il fait entre 40° et 45° à l’ombre (oui oui à l’ombre !), au Sénégal ou au Togo, que le minibus se remplisse pour partir… 

Attendre l’autre jour au Nicaragua après une journée dans un petit village au bord du Pacifique que le dernier bus de la journée arrive, en espérant qu’il arrive, pour nous ramener à notre hôtel. Le jour vient de se coucher, les moustiques sont de sortie et nous dévorent…mais quelle belle attente ! De la musique latino s’échappe du bar d’en face…des gens descendent la rue en vélo et leurs silhouettes s’éclairent quelques secondes quand ils passent sous le halo de lumière diffusé par un lampadaire. On dirait cette fameuse scène d’ET où ils s’envolent sur le vélo. C’est un superbe moment ! 

Attendre en pleine nuit dans une des gares routières de Managua et avoir une des discussions les plus incroyables de notre vie…. La salle d’attente est en plein air, c’est la nuit, des cafards se baladent sur les accoudoirs de nos sièges (il y aura même des cafards dans le bus que nous prendrons ce jour-là…quelle horreur !), mais nous rencontrons quelques hommes qui attendent également. Ils viennent de petits villages isolés au nord du pays et la naïveté (sans connotation négative) de leurs questions est touchante. On se rend vraiment compte de l’écart qu’il y a entre eux et nous, et de la force de l’éducation et de l’école sur notre manière de pensée. C’est une conversation très difficile à retranscrire car tellement hallucinante et tellement loin de notre logique à nous…mais j’essaie : L’un d’entre eux est très impressionné par notre espagnol, et se demande à la fois comment il est possible que nous parlions l’espagnol sans être né dans un pays hispanophone (il a du mal à comprendre qu’on puisse l’apprendre à l’école) et comment il est possible qu’on parle le français. On lui a pourtant bien dit qu’on était français, mais il ne comprend pas bien comment on peut avoir une autre langue maternelle que l’espagnol. Tellement incroyable…mais vrai. Et pas du tout neu neu j’insiste, c’est juste que sa perception du monde est bien plus limitée que la nôtre. 

Enfin tout ça pour dire qu’attendre ce n’est pas perdre son temps, c’est avoir du temps pour observer, découvrir, s’étonner… 

Mais c’est vraiment un luxe que d’avoir la possibilité d’attendre…un luxe que l’on découvre que quand on a le temps… 

Et nous nous offrons ce luxe, et nous l’apprécions pleinement. 

 

Un petit aperçu..

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